Mis à jour avril 2026 8 min de lecture

Visite de reprise : obligation, délais et conséquences en 2026

Visite de reprise en 2026 : cas obligatoires (AT ≥ 30 j, maladie ≥ 60 j, maternité, MP), délai de 8 jours, qui l'organise, visite de pré-reprise et procédure en cas d'inaptitude.

En résumé
  • La visite de reprise est une visite médicale obligatoire auprès du médecin du travail, à organiser par l'employeur dans les 8 jours suivant le retour du salarié après certains arrêts de travail.
  • Elle est obligatoire après tout arrêt pour accident du travail (≥ 30 jours), maladie professionnelle, congé maternité, ou arrêt maladie ordinaire d'au moins 60 jours.
  • En cas d'avis d'inaptitude, l'employeur doit rechercher un reclassement avant de pouvoir licencier — le licenciement sans recherche préalable est nul.

Qu'est-ce que la visite de reprise ?

La visite de reprise est un examen médical réalisé par le médecin du travail au retour du salarié après un arrêt de travail. Elle est régie par l'article R4624-31 et suivants du Code du travail.

Cette visite a un double objet :

  • Vérifier l'aptitude du salarié à reprendre son poste de travail dans les conditions habituelles d'exercice
  • Préconiser des aménagements si l'état de santé du salarié exige une adaptation du poste, une réduction du temps de travail (mi-temps thérapeutique) ou un reclassement sur un autre emploi

La visite de reprise met fin à la suspension du contrat de travail due à l'arrêt. C'est à compter de cet examen que l'employeur retrouve pleinement ses obligations vis-à-vis du salarié (paiement du salaire, respect des conditions de travail normales).

Quand est-elle obligatoire ?

Cas d'arrêt Durée minimale Visite de reprise obligatoire ?
Accident du travail (AT) Arrêt ≥ 30 jours Oui
Maladie professionnelle (MP) Quelle que soit la durée Oui
Congé maternité Quelle que soit la durée Oui (avant la reprise)
Congé pathologique maternité Quelle que soit la durée Oui
Arrêt maladie ordinaire Arrêt ≥ 60 jours Oui
Arrêt maladie ordinaire Arrêt < 60 jours Non (visite à la demande possible)
💡
Avant 2017, la visite de reprise était obligatoire dès 30 jours d'arrêt pour maladie ordinaire. Le décret du 27 décembre 2016 a porté ce seuil à 60 jours pour la maladie ordinaire, tout en maintenant le seuil de 30 jours pour les accidents du travail.

Qui l'organise et dans quel délai

C'est l'employeur qui a l'initiative de la visite de reprise. Il doit prendre contact avec le service de santé au travail dès qu'il est informé de la date de fin d'arrêt du salarié.

La visite doit avoir lieu dans les 8 jours qui suivent la reprise effective du travail. Exception pour le congé maternité : la visite doit intervenir avant la reprise (avant que la salariée reprenne physiquement son poste).

Si l'employeur ne prend pas l'initiative, le salarié peut lui-même contacter le médecin du travail pour demander la visite. Dans ce cas, il doit en informer son employeur. Le salarié ne peut pas être sanctionné pour avoir sollicité lui-même cet examen.

Pendant la visite

Le médecin du travail peut rendre plusieurs types d'avis :

  • Apte — le salarié peut reprendre son poste sans restriction
  • Apte avec réserves ou aménagements — le médecin préconise des adaptations (port de charges limité, travail à mi-temps thérapeutique, évitement de certaines tâches ou expositions)
  • Inapte — le salarié ne peut pas reprendre son poste ni aucun poste similaire dans les conditions actuelles

La visite de pré-reprise

Distincte de la visite de reprise, la visite de pré-reprise est facultative. Elle peut être demandée par :

  • Le salarié lui-même
  • Le médecin traitant
  • Le médecin conseil de la CPAM

Elle peut avoir lieu dès lors que l'arrêt de travail dure depuis au moins 30 jours. Son objectif est de préparer le retour en emploi : identifier les postes de reclassement envisageables, préconiser des formations professionnelles, anticiper les aménagements nécessaires.

L'employeur n'est pas informé de la tenue de cette visite, sauf si le médecin du travail l'estime nécessaire pour préparer le reclassement. En pratique, il est conseillé au salarié d'en informer lui-même son employeur pour engager un dialogue anticipé sur les conditions de reprise.

Si le médecin conclut à l'inaptitude

Un avis d'inaptitude à l'issue de la visite de reprise crée des obligations strictes pour l'employeur, définies aux articles L1226-2 et L1226-10 du Code du travail selon l'origine de l'inaptitude :

  1. Recherche sérieuse de reclassement — l'employeur doit proposer au salarié un ou plusieurs postes appropriés à ses capacités, en tenant compte des préconisations du médecin du travail. Cette recherche doit être effective et documentée (consultations des RH, des managers, du groupe le cas échéant).
  2. Consultation des représentants du personnel — le CSE doit être consulté sur le reclassement envisagé avant toute proposition au salarié.
  3. Proposition écrite de reclassement — si un poste est disponible, l'employeur doit le proposer par écrit. Le salarié dispose d'un délai raisonnable pour accepter ou refuser.
  4. Licenciement pour inaptitude — si aucun poste n'est disponible, si le médecin du travail indique que tout maintien est impossible, ou si le salarié refuse les postes proposés, l'employeur peut engager la procédure de licenciement.
⚠️
Indemnité doublée en cas d'origine professionnelle : si l'inaptitude résulte d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle, l'indemnité spéciale de licenciement est égale au double de l'indemnité légale (art. L1226-14 du Code du travail). Ce doublement est impératif et ne peut pas être réduit par accord.

Sources : Service-Public.fr — Visite de reprise Légifrance — Art. R4624-31 et suivants du Code du travail

Questions fréquentes

Qui doit organiser la visite de reprise ?

C'est l'employeur qui a l'obligation d'organiser la visite de reprise dès qu'il est informé de la date de fin d'arrêt du salarié (art. R4624-32 du Code du travail). Il doit prendre rendez-vous avec le service de santé au travail. Si l'employeur manque à cette obligation, le salarié peut lui-même contacter le médecin du travail pour demander la visite. L'absence de visite de reprise engage la responsabilité civile de l'employeur.

Peut-on reprendre le travail sans passer la visite de reprise ?

Le contrat de travail reste juridiquement suspendu jusqu'à la date de la visite de reprise dans les cas où elle est obligatoire. En pratique, le salarié peut reprendre physiquement son activité avant la visite (dans les 8 jours), mais l'employeur prend un risque : si un accident survient entre la reprise et la visite non encore effectuée, sa responsabilité peut être engagée. Il est donc conseillé de réaliser la visite au plus tôt.

Que se passe-t-il si l'employeur ne fait pas passer la visite de reprise ?

L'absence de visite de reprise constitue un manquement à l'obligation de sécurité de l'employeur. Si le salarié est déclaré inapte lors d'une visite ultérieure, et que l'absence de visite de reprise a retardé cette constatation, l'employeur peut être condamné à des dommages-intérêts. De plus, le salarié peut invoquer ce manquement pour obtenir la résiliation judiciaire de son contrat aux torts de l'employeur, avec les indemnités correspondantes.

La visite de reprise est-elle obligatoire après un arrêt de moins de 60 jours ?

Non, pas pour la maladie ordinaire. Pour un arrêt maladie ordinaire de moins de 60 jours, la visite de reprise n'est pas légalement obligatoire. Elle reste obligatoire quel que soit la durée en cas d'accident du travail reconnu ayant entraîné un arrêt d'au moins 30 jours, de maladie professionnelle reconnue, ou de congé maternité. Dans tous les autres cas, le salarié peut demander une visite à la demande s'il estime que son état de santé a évolué.

Peut-on être licencié si l'on refuse de passer la visite de reprise ?

Le refus de se soumettre à la visite de reprise obligatoire peut être considéré comme une faute du salarié, dans la mesure où la visite conditionne juridiquement la reprise du contrat. En pratique, les employeurs engagent rarement une procédure disciplinaire sur ce seul fondement. Il est cependant fortement conseillé de se rendre à la visite : elle peut conduire à des aménagements de poste favorables au salarié, ou permettre de constater une inaptitude ouvrant droit à des indemnités.