Mis à jour avril 2026 9 min de lecture

Résiliation de bail : préavis, motifs et formalités en 2026

Comment résilier un bail locatif en 2026 : préavis locataire (1 ou 3 mois), motifs légitimes de réduction du préavis, congé propriétaire (6 mois), formalités obligatoires et clause résolutoire.

En résumé
  • Le locataire peut résilier son bail à tout moment, sous réserve de respecter un préavis (1 mois en zone tendue, 3 mois ailleurs pour un logement vide).
  • Le propriétaire ne peut résilier le bail qu'à l'échéance, avec un préavis de 6 mois, et uniquement pour des motifs limitativement prévus par la loi (reprise, vente, motif sérieux).
  • La résiliation doit être notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception, acte d'huissier ou remise en main propre contre récépissé.

Résiliation par le locataire

Le locataire peut donner congé à tout moment, sans avoir à justifier de motif (art. 12 de la loi du 6 juillet 1989). Il doit uniquement respecter un préavis dont la durée varie selon le type de logement et la zone géographique.

Type de bail Préavis standard Préavis zone tendue
Logement vide (loi 1989) 3 mois 1 mois
Logement meublé (loi 1989) 1 mois 1 mois
Motif légitime (hors zone tendue) 1 mois 1 mois

Les zones tendues sont les agglomérations de plus de 50 000 habitants où il existe un déséquilibre marqué entre l'offre et la demande de logements. La liste est fixée par décret — elle couvre notamment Paris et la petite couronne, Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Nice, Nantes, Strasbourg et de nombreuses communes périphériques. Le préavis réduit à 1 mois en zone tendue est automatique : le locataire n'a pas à justifier d'un motif particulier.

Motifs légitimes (préavis réduit à 1 mois hors zone tendue)

Hors zone tendue, le locataire d'un logement vide peut bénéficier d'un préavis réduit à 1 mois dans les situations suivantes (art. 15 loi 1989) :

  • Licenciement (y compris rupture conventionnelle assimilée à un licenciement pour les droits au préavis réduit) — le licenciement doit être postérieur à la conclusion du bail
  • Mutation professionnelle obligeant le locataire à déménager
  • Obtention d'un premier emploi — pour faciliter la mobilité des primo-accédants au marché du travail
  • Perte d'emploi involontaire — fin de CDD, licenciement économique, mise en invalidité
  • État de santé nécessitant un changement de domicile, constaté par un certificat médical (maladie grave, handicap nouvellement reconnu, etc.)
  • Attribution d'un logement social (HLM) — dès réception du courrier d'attribution
  • Bénéficiaire du RSA ou de l'AAH (allocation adulte handicapé)
  • Violence conjugale — depuis la loi du 30 juillet 2020, la victime peut partir avec un préavis d'un mois en présentant une ordonnance de protection ou un dépôt de plainte
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Pour bénéficier du préavis réduit à 1 mois, le locataire doit mentionner expressément dans sa lettre de congé le motif légitime invoqué et joindre un justificatif (lettre de licenciement, certificat médical, courrier d'attribution HLM, etc.). Sans justificatif, le préavis de 3 mois s'applique.

Résiliation par le propriétaire

Le propriétaire ne peut donner congé qu'à l'échéance du bail et uniquement pour l'un des trois motifs limitativement prévus par la loi (art. 15 de la loi du 6 juillet 1989) :

  • Reprise pour habiter — le propriétaire ou un proche (conjoint, partenaire PACS, enfants, ascendants, ascendants du conjoint) souhaite occuper le logement à titre de résidence principale. La reprise doit être réelle et sérieuse — une reprise fictive engage la responsabilité du propriétaire.
  • Vente du logement — le locataire bénéficie d'un droit de préemption (priorité d'achat) aux conditions fixées dans le congé. Il dispose de 2 mois pour se décider (ou 4 mois s'il doit obtenir un prêt).
  • Motif sérieux et légitime — manquement grave du locataire (impayés répétés, troubles de voisinage caractérisés, sous-location non autorisée, transformation du logement sans accord).

Le préavis du propriétaire est de 6 mois avant l'échéance du bail pour un logement vide (3 ans), et de 3 mois pour un logement meublé (1 an). Le congé adressé trop tardivement est inopposable au locataire — le bail se renouvelle automatiquement.

Formalités et délais

  1. Forme obligatoire — lettre recommandée avec accusé de réception, acte d'huissier de justice, ou remise en main propre contre récépissé signé. Un email ou SMS n'est pas valable juridiquement.
  2. Point de départ du préavis — date de réception de la lettre recommandée (ou de l'acte d'huissier), pas la date d'envoi. Si le locataire ne récupère pas le recommandé, le délai court à compter de la présentation.
  3. Contenu du congé du propriétaire — doit impérativement mentionner le motif de la reprise/vente, l'identité du bénéficiaire (pour la reprise), et reproduire la notice d'information sur les droits du locataire
  4. État des lieux de sortie — obligatoire le jour de la restitution des clés ; son absence protège le locataire (présomption de bon état)
  5. Restitution du dépôt de garantie — dans 1 mois si état des lieux de sortie conformes à l'état des lieux d'entrée, 2 mois si dégradations constatées

Clause résolutoire et expulsion

La quasi-totalité des baux d'habitation comportent une clause résolutoire : en cas de non-paiement du loyer ou des charges, de défaut d'assurance habitation ou de troubles de voisinage, le bailleur peut faire constater la résiliation du bail par voie judiciaire.

La procédure est encadrée :

  1. Commandement de payer délivré par huissier — le locataire dispose de 2 mois pour régulariser
  2. Si aucune régularisation : saisine du tribunal judiciaire pour constater l'acquisition de la clause résolutoire et ordonner l'expulsion
  3. La trêve hivernale (1er novembre au 31 mars) suspend toute expulsion, même si le jugement est rendu pendant cette période
  4. Commission de surendettement : si le locataire dépose un dossier de surendettement, la procédure d'expulsion peut être suspendue

Sources : Service-Public.fr — Donner congé (résiliation du bail) Légifrance — Art. 15 loi du 6 juillet 1989

Questions fréquentes

Le propriétaire peut-il résilier le bail en cours d'année ?

Non, sauf cas exceptionnels (clause résolutoire activée pour impayés, décision de justice). Le propriétaire ne peut donner congé qu'à l'échéance du bail (tous les 3 ans pour un logement vide, 1 an pour un meublé) avec un préavis de 6 mois (logement vide) ou 3 mois (meublé). Le congé doit être motivé : reprise pour y habiter, vente du logement, ou motif sérieux et légitime.

Peut-on résilier un bail par email ou SMS ?

Non. La résiliation doit impérativement être effectuée par lettre recommandée avec accusé de réception, par acte d'huissier ou par remise en main propre contre récépissé ou émargement. Un email ou un SMS ne constitue pas un congé valable sur le plan juridique, même si l'autre partie en accuse réception.

Le préavis de 3 mois peut-il être réduit à 1 mois hors zone tendue ?

Oui, dans plusieurs situations limitativement prévues par la loi : licenciement ou mutation professionnelle du locataire, perte d'emploi involontaire, obtention d'un premier emploi, état de santé justifiant un changement de domicile constaté par certificat médical, attribution d'un logement social, violence conjugale. Dans ces cas, le locataire peut donner un préavis réduit à 1 mois même hors zone tendue.

Que se passe-t-il si le locataire quitte le logement sans respecter le préavis ?

Si le locataire quitte le logement sans avoir respecté son délai de préavis, les loyers continuent de courir jusqu'à la fin du préavis légal — ou jusqu'à ce qu'un nouveau locataire entre dans les lieux et que le bail soit effectivement transféré. Le bailleur peut réclamer les loyers non payés correspondant à la période de préavis non effectuée, sous réserve d'avoir accompli les démarches de mise en location.

Le conjoint survivant peut-il rester dans le logement loué en cas de décès du locataire ?

Oui. En cas de décès du locataire, le bail est transféré de plein droit au conjoint survivant, au partenaire pacsé, aux descendants à charge, aux ascendants, aux personnes handicapées à charge, ou aux personnes vivant avec le locataire depuis plus d'un an (art. 14 de la loi du 6 juillet 1989). La personne bénéficiaire du transfert doit notifier ce transfert au bailleur dans les meilleurs délais.