Médecin du travail : rôle, visites obligatoires et avis d'inaptitude
Médecin du travail en 2026 : rôle préventif, secret médical, types de visites (embauche, périodique, reprise), avis d'aptitude/inaptitude et contestation dans les 15 jours.
- Le médecin du travail est un médecin salarié de l'entreprise ou d'un service de santé interentreprises, dont le rôle est de prévenir les risques professionnels et de veiller à l'aptitude des salariés.
- Il est soumis au secret médical et ne peut transmettre aucun diagnostic à l'employeur — seul l'avis d'aptitude ou d'inaptitude lui est communiqué.
- Son avis d'inaptitude est une pièce clé dans la procédure de licenciement pour inaptitude : il déclenche l'obligation de reclassement.
Rôle et indépendance
Le médecin du travail exerce une mission exclusivement préventive (art. L4622-3 du Code du travail). Il ne soigne pas les salariés — il veille à leur santé dans leur environnement de travail.
- Prévention des risques professionnels (physiques, chimiques, psychosociaux)
- Suivi individuel de l'état de santé des salariés
- Conseil à l'employeur sur l'adaptation des postes de travail
- Participation aux instances de prévention (CSSCT, DUERP)
Il est soumis au secret médical : l'employeur ne reçoit que les conclusions sur l'aptitude, jamais les diagnostics.
Les différentes visites
| Type de visite | Moment | Obligatoire ? |
|---|---|---|
| Visite d'information et de prévention (VIP) | Dans les 3 mois suivant l'embauche | Oui |
| Suivi individuel renforcé (SIR) | Avant l'embauche pour postes à risque | Oui (postes à risque) |
| Visite périodique | Tous les 5 ans max (2 ans pour salariés à risque) | Oui |
| Visite de reprise | Après arrêt ≥ 60 jours, AT, maternité | Oui |
| Visite de pré-reprise | Pendant l'arrêt, à la demande du salarié | Non (facultative) |
| Visite à la demande | À tout moment, salarié ou employeur | Non |
L'avis d'inaptitude
Le médecin du travail peut déclarer un salarié inapte à son poste lorsque son état de santé ne lui permet pas d'y exercer ses fonctions sans risque grave pour lui-même ou pour les tiers.
Depuis la loi Travail de 2016, l'inaptitude peut être prononcée en une seule visite (plus besoin de deux visites espacées de 15 jours, sauf cas particulier).
L'avis d'inaptitude déclenche l'obligation pour l'employeur de rechercher un reclassement. En cas d'impossibilité de reclassement, un licenciement pour inaptitude peut être prononcé avec une indemnité spéciale de licenciement.
Questions fréquentes
L'employeur peut-il avoir accès aux informations médicales du salarié via le médecin du travail ?
Non. Le médecin du travail est soumis au secret médical. Il ne peut transmettre à l'employeur que ses conclusions sur l'aptitude ou l'inaptitude du salarié à son poste, assorties le cas échéant d'indications sur les aménagements ou reclassements à envisager. Il ne peut en aucun cas communiquer les diagnostics, pathologies ou traitements du salarié.
Le salarié peut-il contester l'avis d'inaptitude du médecin du travail ?
Oui. Le salarié (comme l'employeur) peut contester l'avis du médecin du travail devant le Conseil de prud'hommes, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'avis. Le juge peut alors ordonner une expertise médicale. Pendant la procédure de contestation, l'avis contesté s'impose néanmoins à toutes les parties.