Arrêt maladie et salaire : qui paie quoi et combien en 2026 ?
Arrêt maladie en 2026 : indemnités journalières Sécu, maintien de salaire employeur, calcul complet selon ancienneté et convention collective. Guide clair avec exemples chiffrés.
- Pendant un arrêt maladie, la Sécurité sociale verse des indemnités journalières (IJ) après un délai de carence de 3 jours.
- L'employeur est souvent obligé de compléter les IJ pour maintenir tout ou partie du salaire, selon votre ancienneté et votre convention collective.
- Votre contrat ne peut pas être rompu pendant un arrêt maladie ordinaire en raison de votre état de santé — c'est une discrimination sanctionnée par la loi.
Le principe — deux payeurs distincts
Pendant un arrêt maladie, votre rémunération est assurée par deux acteurs distincts qui interviennent successivement et de manière complémentaire :
- La Sécurité sociale (CPAM) verse des indemnités journalières (IJ) à partir du 4e jour d'arrêt, après un délai de carence de 3 jours.
- L'employeur complète les IJ, sous conditions d'ancienneté, pour maintenir tout ou partie de votre salaire habituel — c'est le maintien de salaire.
| Période | Qui paie ? | Montant |
|---|---|---|
| Jours 1 à 3 (délai de carence) | Personne (sauf convention plus favorable) | 0 € |
| À partir du jour 4 | Sécurité sociale (CPAM) | 50 % du salaire journalier de base (plafonné) |
| En complément des IJ | Employeur (si ancienneté ≥ 1 an) | Complément pour atteindre 90 % ou 2/3 du salaire brut |
Source : Service-Public.fr — Indemnités journalières maladie
Les indemnités journalières de la Sécu
Conditions pour en bénéficier
- Être affilié à la Sécurité sociale depuis au moins 12 mois
- Avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 derniers mois (ou cotisé sur 1 015 fois le SMIC horaire au cours des 6 derniers mois)
- Fournir un certificat médical dans les 48 heures suivant l'arrêt
Calcul des indemnités journalières
| Situation | Taux IJ | Plafond 2026 |
|---|---|---|
| Cas général | 50 % du salaire journalier de base | 41,95 €/jour (depuis février 2026, plafonné à 1,4 × SMIC) |
| 3 enfants à charge ou plus (à partir du 31e jour) | 2/3 du salaire journalier de base | 69,71 €/jour |
| Accident du travail / Maladie professionnelle | 60 % les 28 premiers jours, 80 % ensuite | Plafond AT/MP spécifique |
Le salaire journalier de base est calculé ainsi : (somme des 3 derniers salaires bruts) ÷ 91,25. Le résultat est ensuite plafonné à 1/730 du plafond annuel de la Sécurité sociale.
Le délai de carence est de 3 jours pour les arrêts ordinaires — aucune IJ n'est versée pendant cette période. Il est supprimé pour les accidents du travail et maladies professionnelles.
Source : Ameli.fr — Indemnités journalières en cas d'arrêt maladie
Le maintien de salaire employeur
L'article L1226-1 du Code du travail impose à l'employeur de maintenir une partie du salaire pendant l'arrêt maladie, sous trois conditions cumulatives :
- Ancienneté d'au moins 1 an dans l'entreprise
- Justification de l'arrêt dans les 48 heures (envoi du certificat médical à la CPAM et à l'employeur)
- Soins reçus en France ou dans un pays conventionné
Durée et taux du maintien selon l'ancienneté
| Ancienneté | Maintien à 90 % du brut | Maintien aux 2/3 du brut |
|---|---|---|
| 1 à 5 ans | 30 jours | 30 jours |
| 6 à 10 ans | 40 jours | 40 jours |
| 11 à 15 ans | 50 jours | 50 jours |
| 16 à 20 ans | 60 jours | 60 jours |
| 21 à 25 ans | 70 jours | 70 jours |
| 26 à 30 ans | 80 jours | 80 jours |
| Au-delà de 30 ans | 90 jours | 90 jours |
Le maintien employeur s'entend en complément des IJ versées par la CPAM — l'employeur ne verse pas la totalité, il complète jusqu'aux pourcentages indiqués.
Source : Légifrance — Art. L1226-1 Code du travail
Exemple de calcul complet
Situation : salarié avec 3 ans d'ancienneté, salaire de 2 500 € brut/mois, arrêt maladie de 15 jours.
Étape 1 — Calcul des indemnités journalières CPAM
- Salaire journalier de base = (2 500 × 3) ÷ 91,25 = 82,19 €
- IJ à 50 % = 82,19 × 50 % = 41,10 €/jour
- Plafond 2026 = 41,95 €/jour → IJ retenue = 41,10 € (sous plafond, montant conservé)
- Jours indemnisés = 15 − 3 (carence) = 12 jours
- Total IJ = 41,10 × 12 = 493,15 €
Étape 2 — Calcul du complément employeur
- Ancienneté 3 ans → droit à 30 jours à 90 % du brut
- Salaire théorique pour 15 jours = 2 500 ÷ 30 × 15 = 1 250 €
- 90 % du brut = 1 250 × 90 % = 1 125 €
- Moins les IJ déjà versées par la CPAM = 1 125 − 493,15 = 631,85 €
Résultat total
- IJ CPAM : 493,15 €
- Complément employeur : 631,85 €
- Total perçu : 1 125 €
- Salaire habituel pour 15 jours : 1 250 €
- Perte nette : 125 € — due uniquement aux 3 jours de carence non couverts
Source : Ameli.fr et Service-Public.fr
Protection contre le licenciement pendant l'arrêt maladie
Le principe pour la maladie ordinaire
Contrairement à une idée reçue, un arrêt pour maladie ordinaire ne protège pas contre tout licenciement. Ce qui est interdit, c'est de licencier un salarié en raison de son état de santé ou de son absence — c'est une discrimination prohibée par le Code du travail.
Ce qui reste possible
- Licenciement pour faute grave non liée à la maladie (vol, violence, insubordination…) — la procédure peut être engagée pendant l'arrêt.
- Licenciement pour perturbation grave du fonctionnement de l'entreprise nécessitant un remplacement définitif — possible après un délai fixé par la convention collective, si l'absence prolongée désorganise effectivement l'entreprise.
- Licenciement économique — la procédure peut être engagée et menée à terme pendant un arrêt maladie ordinaire.
Protection renforcée pour les AT/MP
En cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, la protection est beaucoup plus forte : le licenciement est impossible pendant toute la durée de l'arrêt, sauf faute grave du salarié sans lien avec l'accident, ou impossibilité de maintien du contrat pour un motif totalement étranger à l'accident ou à la maladie.
Source : Service-Public.fr — Licenciement et arrêt maladie et Ameli.fr
Questions fréquentes
Les 3 jours de carence sont-ils toujours dus ?
Non. Le délai de carence de 3 jours s'applique pour les arrêts maladie ordinaires. Il est supprimé pour les accidents du travail et les maladies professionnelles (AT/MP) — les IJ commencent dès le 1er jour. Certaines conventions collectives suppriment également le délai de carence pour les salariés ayant une certaine ancienneté. Vérifiez votre CCN. Par ailleurs, depuis 2021, le délai de carence peut être neutralisé pour certains arrêts liés à des affections longue durée (ALD).
Mon employeur peut-il me licencier pendant mon arrêt maladie ?
Pour un arrêt maladie ordinaire : oui, mais pas pour un motif lié à votre maladie. L'employeur peut licencier pour faute grave (non liée à la maladie) ou pour perturbation grave du fonctionnement de l'entreprise nécessitant un remplacement définitif, après un délai fixé par la convention collective. Pour un arrêt AT/MP : la protection est renforcée — le licenciement est impossible pendant l'arrêt sauf faute grave ou impossibilité de maintien pour motif non lié à l'accident ou la maladie.
Que se passe-t-il si je tombe malade pendant mes congés ?
Depuis un arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne confirmé en France, si vous tombez malade pendant vos congés payés, vous pouvez demander à reporter les jours de congés coïncidant avec votre arrêt maladie. Ces jours ne sont pas perdus : ils doivent vous être accordés à une date ultérieure. Informez votre employeur dès que possible et fournissez le certificat médical dans les délais habituels.
L'arrêt maladie est-il pris en compte pour le calcul de l'ancienneté ?
Oui, en grande partie. Les périodes d'arrêt maladie ordinaire sont assimilées à du temps de travail effectif pour le calcul de l'ancienneté — elles n'interrompent pas l'acquisition des droits liés à l'ancienneté. En revanche, certaines dispositions conventionnelles peuvent prévoir des nuances pour le calcul des primes d'ancienneté ou des congés — vérifiez votre CCN.
Puis-je cumuler arrêt maladie et activité partielle ?
Non, pas simultanément. L'activité partielle (chômage partiel) s'applique aux salariés présents dans l'entreprise dont l'horaire est réduit. Un salarié en arrêt maladie est absent et perçoit des IJ — il ne peut pas également percevoir l'allocation d'activité partielle pour la même période. En revanche, si l'entreprise est en activité partielle et que vous reprenez le travail avant la fin de votre arrêt, vous sortez du régime maladie pour entrer dans le régime de l'activité partielle.